Parelli Natural Horsemanship

2. Un petit peu d'observation - Ce qui nous oppose
Le principe de cette méthode est avant tout la compréhension. Comprendre et accepter que le cheval, espèce différente de la nôtre, pense et interprète les informations extérieures sur des bases différentes, agit en fonction de motifs différents et ressent des émotions différentes des nôtres pour une même situation.
Le chemin de l'évolution qui a fait de nous des êtres humains nous a donné une structure mentale et psychologique complexe et variée, dont les nombreuses facettes parfois contradictoires se reflètent dans notre attitude corporelle.
Or c'est justement cette attitude corporelle que les chevaux déchiffrent et interprètent en fonction des priorités qui leur sont propres. C'est pourquoi il est fondamental de comprendre tant ce qu'ils expriment que ce qu'ils "lisent" de nous, pour favoriser ce que nous voudrions leur faire comprendre. Car même si nous ne nourrissons aucun désir de malmener notre cheval, il sera susceptible de céder à ses réflexes de fuite et de défense tant qu'il lira en nous les signaux subtils qu'il a appris à reconnaître comme désignant une attitude prédatrice.

Notre côté prédateur nous fait placer la nourriture en tête des motivations et réconforts recherchés - l'argent et les biens matériels étant porteurs du même symbole, à savoir quelque chose à posséder ou consommer. Certains humains sont même capables de risquer leur vie pour différents motifs, possession, gloire ou conviction (guerre, duel, vol, excès de vitesse...). Cela va influer également sur certains traits inconscients de notre comportement.
En tant qu'animal "proie", le cheval est obsédé par la sécurité. Il va jusqu'à renoncer à manger et boire lorsque son insécurité est trop forte. Si le cheval a survécu jusqu'à sa domestication, c'est en aiguisant son réflexe de fuite instantanée (ceux qui ont préféré la curiosité à la sécurité ont été les premiers dévorés).
Roméo et Eline


Notre instinct nous pousse à désirer toujours un peu plus, un peu plus vite, un peu plus loin... et nos gestes, nos tensions musculaires l'expriment. Quand nous avons peur, nous "serrons les dents ou les fesses", littéralement aussi. Tout ce qui fuit, s'échappe, se détourne provoque en nous une sensation de manque à combler, et le réflexe de s'accrocher, s'agripper, voire ramener de force. <<Le cheval n'a pas peur d'être blessé, il a peur d'être tué>>. son instinct le fait fuir tout ce qui mord, s'agrippe, s'accroche, force, se dirige droit sur lui ou tente de bloquer ses issues. Lorsque la fuite est compromise, il attaque pour se défendre - dans sa tête, il se bat pour sa survie.

Nos réflexes corporels nous incitent à faire face à ce que l'on désire obtenir, à nous concentrer sur cet "objet du désir" et marcher sans détours dans sa direction jusqu'à l'atteindre - jusqu'à satisfaction du désir.
La structure mentale d'un cheval se construit autour de la notion de sécurité, qui détermine son interprétation de l'environnement dans lequel il évolue. Lorsqu'il se dirige vers un objet, surtout s'il est inconnu, le cheval préfère feindre le détour, ne serait-ce que du regard (un oeil toujours vers la sortie). Il atteint son objectif par paliers, en s'approchant et s'éloignant alternativement, faisant baisser le stress du à la peur et augmentant la confiance induisant la curiosité.

Roméo et Rakim

À la notion de sécurité est très liée celle de hiérarchie : le leader du troupeau est celui en qui l'on a confiance en ce qui concerne la direction à suivre (il sait par où fuir, mais aussi où se trouvent nourriture, eau et abris) et l'attitude à adopter (doit-on se tenir prêts à fuir où pouvons-nous nous détendre ?). Un bon leader sait se faire respecter d'un coup d'oeil et d'une demi oreille... C'est pourquoi il est vital pour un cheval de savoir en permanence quelle est sa position hiérarchique dans le troupeau, et donc de la tester. Cela ne signifie pas pour autant qu'un cheval soit "plus heureux" s'il est dominant : il a simplement, profondément, besoin de savoir. Ce réflexe de test de dominance est tellement inhérent à sa "chevalité" qu'il en est devenu un mode de communication.
Et c'est là que l'on se rencontre.
Car l'humain n'est pas qu'un prédateur, il est capable de comprendre et de respecter la nature profonde de son compagnon équin, et de se comporter en leader. Développer sa compréhension du langage corporel de son cheval, savoir communiquer avec lui dans sa langue, apprendre au cheval à se sentir en confiance dans le monde des humains, voilà les objectifs des élèves de la méthode Parelli. Par le biais des "7 jeux", l'humain développe son leadership, où respect mutuel, autorité sans agressivité, et esprit de justice sont des mots clef.
Piet avec Quando et Miss Blue
 
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